Constructeur à Nantes

Fort de son expérience, Francis Chaptois revient en juin 1909 à Nantes et s’associe avec un constructeur de l’Ile de Versailles  : A. Raguenault. A cette époque, il s’intéresse principalement aux voiliers.  En mai 1910, il reçoit une mention honorable pour le « Gitana », présenté au concours de plans de la revue Le Yacht.

carte de visite

Il ne réalise alors que quelques bateaux de service. Le principal projet en la matière est, en 1912, la  vedette de l’hôpital de Pen-Bron dessinée par lui et construite par le chantier Raguenault-Chaptois. En revanche, il se spécialise déjà dans les hélices.

Canot automobile auxiliaire 1910
Canot automobile auxiliaire 1910

En tant que constructeur, il s’occupe aussi de la fabrication de bateaux créés par des confrères, comme Talma Bertrand, architecte trentemousin  alors bien établi au Pellerin, près de Nantes. Le chantier Raguenault et Chaptois construit ainsi Tire d’aile pour M. Paul Fortin, en 1910, et Aile pour Virginie Hériot en 1912, tous deux de plans Bertrand.

En avril 1910, une commande originale vient des Chantiers de la Loire pour le ravitaillement des phares de la Mer Rouge : un grand canot de service, une baleinière, un canot-magasin, une yole et un youyou.

1910 – Bon de commande des Chantiers de la Loire pour un ensemble de canots pour l’Egypte.

 

Dessinateur à Maisons-Laffitte

Grâce à la recommandation de son cousin Maurice Rousseau qui y travaille déjà, Francis Chaptois entre le 5 décembre 1905 comme dessinateur au bureau d’étude des chantiers Pitre, puis de Coninck à Maisons-Laffitte  (remorqueurs, bateaux coloniaux et de service, yachts en acier et en bois). Il y reste jusqu’à la fin 1908, date à la quelle il s’installe à Nantes.

chantiers Pitre
Les chantiers Pitre vers 1905

 

Embarqué jusqu’à Constantinople

Francis Chaptois navigue durant quelques mois comme matelot sur des navires de commerce français. Sa plus longue expérience a lieu à 20 ans, quand il embarque à Nantes le 28 juillet 1905 sur le «Fréia », yacht à vapeur de 190 tonneaux. Celui-ci vient d’être  vendu par ses nouveaux propriétaires à Izzet-Pacha qui souhaite l’attacher au port de Constantinople. Le jeune homme débarque à Constantinople le 22 août puis est rapatrié par la Danube le 31 du même mois.

 

Yacht à vapeur Freia, dessin de F. Chaptois
Yacht à vapeur Freia, dessin de F. Chaptois

 

Un enfant du pays nantais

Francis Chaptois est né le 8 juillet 1885 à la Haye-Fouassière, dans le vignoble nantais, pays d’origine de sa mère Joséphine Bouchaud. Son père, François Hubert Chaptois, est perceur de navires (voir encadré) dans les chantiers navals de Trentemoult, commune de Rezé.

Trentemoult - Copie

Sur ses documents d’identité, son prénom est François car l’employé de l’état civil refuse d’enregistrer Francis. Mais il sera toujours appelé Francis tant par sa famille que dans sa vie professionnelle.

La famille, très modeste, habite à Trentemoult, dans un petite maison « de pêcheurs », rue Courtil-Brisset.  Elle compte cinq enfants : Joséphine née en 1883, morte à 14 ans d’une phtisie galopante,  Francis puis viennent Renée en 1889,  Joseph en 1899 et enfin Emile en 1902.

Le jeune Francis fréquente l’école publique de Rezé, obtenant son certificat d’études en 1896. Puis, en 1901, il obtient le diplôme de l’école Nationale Professionnelle de Nantes.

Ensuite, pendant tois ans, il devient apprenti modeleur sur bois en perfectionnement puis ouvrier modeleur chez Joseph Guillet, modeleur mécanicien à Chantenay.

Trentemoult débarquadère

« Les perceurs sont des gens qui percent, chevillent et gournablent les vaisseaux dans toutes les parties lorsqu’on les construit et radoube. Le métier de perceur est différent de celui de charpentier car il ne fait que percer avec la tarière et placer le fer et la gournable ; il cheville, virole et goupille les chevilles ou les rive selon les circonstances ». Les perceurs sont donc des ouvriers différents des charpentiers dont le métier consiste à percer les pièces de bois du navire permettant ainsi de les assembler avec des chevilles métalliques ou en bois (les gournables). Ce métier a disparu par le remplacement des coques de navire en bois par les coques en acier. Il demandait une grande adresse car il fallait percer au bon endroit et suivant le bon angle pour permettre un assemblage de qualité. » (source : Encyclopédie Méthodique / Marine, t. 3 Paris 1787)